Congrès de la Fédération Nationale Bovine (FNB)

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La semaine dernière, mercredi 5et jeudi 6 février, s’est tenu le congrès de la Fédération Nationale Bovine à Anse, dans le Rhône. C’est avec un bilan lourd que la FNB milite pour une juste rémunération des éleveurs. Sur la table, les sujets de la PAC, de l’export et de la structuration de la filière à travers une organisation des Organisations de Producteurs étaient présents.

Un bilan amer

« Sans une remontée des prix, la filière bovine risque de perdre pied et les éleveurs seront les premiers concernés » avertit Bruno Dufayet, président de la FNB. Déjà 20% d’entre eux sont en situation précaire et ils sont nombreux à cesser la production faute de revenu suffisant et de perspectives économiques encourageantes. Avec un prix moyen pondéré des gros bovins de 3,55 €/kg carcasse au stade entrée-abattoir en 2019, nous sommes loin des indicateurs économiques de l’interprofession. La décapitalisation continue avec une diminution de vaches allaitantes de 185 000 têtes entre juillet 2016 et juillet 2019. En décembre 2019, le cheptel est mesuré à 3,8 millions de têtes, niveau historiquement bas. Aussi, l’accélération de la baisse des détenteurs de vaches allaitantes s’observe : rythme de -1500 détenteurs par an lors des 3 dernières années en comparaison à -800 détenteurs par an précédemment. Ce constat est inquiétant pour l’avenir de la production de viande bovine, et de reprise d’exploitations.

 

PAC post 2020

Lors des groupes de travail a eu lieu des échanges vifs autour de la PAC post 2020. Quand Dominique Fayel, représentant de la FNB, se voulait optimiste, il a eu comme réponse que le positivisme ne nourrissait pas un agriculteur. « J’ai entendu un risque de fatalisme, un besoin de perspective, de visibilité et de reconnaissance. Je veux vous dire de ne pas être conservateur et de reprendre confiance en nos atouts. Je sais que ça nourrit pas, mais ce n’est pas en baissant les bras que nous y arriverons ». Alors que la Commission Européenne propose une baisse de 5% du budget, la FNB défend le maintien du budget ainsi que le couplage pour la vache allaitante. Elle espère, par ailleurs, valider les acquis du modèle d’élevage vis-à-vis d’une évolution encore plus écologique. Il faut savoir que sans PAC, 87% des éleveurs allaitants auraient un revenu négatif.

 

Valeur de l’export

Dans une autre salle, c’est la valeur à l’export qui était évoquée, un enjeu majeur pour la filière bovine. Suite aux visites de la FNB dans plusieurs ateliers d’engraissement en Italie, le maigre français conforte sa place de leader européen. L’Italie est aujourd’hui dépendante de l’exportation française. Quant à l’export de carcasses, il a tendance à perdre de la vitesse suite à un marché du maigre plutôt dynamique. De nouvelles perspectives s’ouvrent également sur le marché chinois suite au déplacement d’une délégation en Chine avec Emmanuel Macron.

 

Des outils pour obtenir de la valeur

C’est dans un contexte d’évolution des habitudes du consommateur de viande et des attentes sociétales que la FNB s’est tournée vers une valorisation de la viande bovine en Label Rouge (objectif 40% d’ici 5 ans). Pour répondre aux objectifs fixés dans le plan filière, les acteurs de la filière viande réunis au sein de l’interprofession ont travaillé sur plusieurs leviers : un cahier des charges rénové, la mise en place d’une contractualisation pour assurer une juste rémunération de l’éleveur et un plan de communication. La FNB a également signé, récemment, une charte avec Métro afin de valoriser la production de viande bovine française en restauration hors domicile, où la consommation de viande ne cesse d’accroître (+6% en 3ans).

 

Stratégie perso

C’est ce que la FNB veut changer. Thème du congrès, la FNB porte la réflexion sur la création d’une Association d’Organisations de Producteurs (AOP) afin de limiter la concurrence entre metteurs en marché. «C'est une solution simple qui peut générer de la valeur et qui a le mérite de fédérer et de mutualiser les moyens», exclame Bruno Dufayet. Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, soutient cette initiative et s’engage à se réunir après le Salon. Bruno Colin, Président du pôle animal de la Coopérative Agricole, chahuté par la salle, s’est lui, engagé à « envoyer une note aux adhérents pour que les contrats proposés tiennent en compte les coûts de production ». En filière bovine, aucune Organisation de Producteurs ne s’est saisie des outils inscrits dans la loi EGAlim pour construire un prix.

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