Fièvre Porcine africaine (FDSEA-JA. Groupe porc)

Retour Partager sur facebook Imprimer l'article
Envoyer l'article par e-mail

Envoyer cet article par mail

Fermer

250 signes(s) restant(s)

 

* champs obligatoires

Le groupe porc FDSEA-JA s’est réuni mercredi 18 septembre pour faire un point sur la conjoncture et la fièvre porcine africaine (FPA). Bien présente en Chine, la FPA a permis une remontée des prix sur notre territoire. Mais les éleveurs doivent rester prudents, car la maladie est présente aux portes de la France.

Après dix années difficiles pour la filière, 2016 s’est achevée sur un bilan positif au niveau des prix payés aux producteurs. Ilona Bonjean

Après une année 2018 pauvre pour les éleveurs de porc avec des prix bas, 2019 redonne un coup de souffle. En effet, depuis le mois de mars, le prix du porc français est en constante évolution et rattrape même, en septembre, celui du porc allemand atteignant 1,699 €. Cette remontée des cours est liée à la fièvre porcine africaine (FPA), bien présente en Chine. En effet, la production de porc chinois a baissé de 38,7 % en raison de cette maladie, ce qui représente une diminution de 20 % sur la production mondiale. Les conséquences de ce recul sont la forte importation de viande de porc et des prix qui se négocient à 3,30 €/kg vif sur leur territoire. Certains n’ont pas les moyens d’acheter de la viande de porc à ce prix-là et ne mangent donc plus à leur faim. Ce qui entraîne une augmentation de l’importation de viande bovine, de volaille et de protéines végétales, et pousse les consommateurs à réduire la viande et à manger autrement, ce qui peut avoir un impact sur le prix du porc lorsque la production chinoise sera relancée. Ces pressions ne cesseront pas tant que la maladie n’est pas maîtrisée.

Au niveau européen, la production est stable, voire légèrement en hausse. En Espagne, elle a augmenté alors qu’en Allemagne elle a diminué. En France, les exportations ont augmenté de presque 6 % au premier semestre 2019, une grande partie était destinée à la Chine (+ 32,5% soit plus de 70 000 tonnes). C’est ce qui a notamment permis la hausse des prix revenus à l’éleveur. Par contre, les charcutiers, eux, serrent les dents. L’augmentation des prix est intervenue après les négociations en janvier. Ils n’arrivent donc pas à répercuter la totalité de la hausse auprès des GMS. Dans le Bas-Rhin, les présidents de la section porc FDSEA-JA travaillent avec plusieurs GMS afin de valoriser les porcs produits sur notre territoire en « porc Alsace », et garantir un revenu décent et sécurisé aux éleveurs.

Formations et groupe de travail

La FPA, maladie animale qui touche les porcs et les sangliers et non pas les humains, est présente depuis 2018 en Asie, avec 6 500 foyers touchés et 1,7 milliard de porcs abattus. En Europe, 5 859 cas ont été recensés depuis le début de l’année, dont 1 524 cas en élevage, uniquement à l’Est (Pologne, Lituanie, Lettonie, Estonie, République tchèque, Roumanie, Bulgarie, Hongrie, Russie, Biélorussie, Ukraine, Moldavie). Mais cette maladie s’est approchée de la France : elle est présente en Belgique. Au 8 septembre, 827 cas de sangliers positifs ont été détectés. Depuis le mois de mars, le nombre de cas détectés diminue. Présente sur l’ensemble du territoire sud belge (Wallonie), la FPA s’est dangereusement approchée de la frontière française. Des clôtures ont été mises en place afin de créer une zone blanche où les élevages à risque ont été vidés, et la population de sangliers fortement réduite afin de limiter la propagation de la maladie. Une zone d’observation a également été créée pour évaluer le risque des élevages.

La possibilité que la FPA passe en France - indemne à l’heure actuelle - est toujours présente. C’est pour cette raison qu’une réglementation biosécurité a été mise en place pour tous les détenteurs de porcs. En Alsace, des formations sont proposées, à travers la Chambre d’agriculture. 90 personnes ont déjà été formées, 120 sont encore concernées. De nouvelles sessions de formation auront lieu d’ici l’automne. L’arrêté FPA sera effectif le 1er janvier 2020, moment où la DDSPP commencera les contrôles. Pour faire face à la mise aux normes des élevages, un plan d’investissement d’adaptation des élevages a été mis en place. Les projets d’un montant de 2 000 à 15 000€ sont éligibles à un taux de 25 %. Quatre dossiers ont été déposés en Alsace. La Chambre d’agriculture propose de créer un groupe de travail afin d’échanger sur les différentes pratiques et les aménagements des exploitations.

aller plus loin

Les dernières publications :