La profession s’oppose au nouveau projet d’écotaxe

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Suite aux actions menées il y a un an contre l’écotaxe, le gouvernement avait décidé de geler son instauration. Mais au début de l’été, un nouveau dispositif, baptisé «péage de transit poids lourd», a été annoncé. La profession agricole demande l’exemption pour les produits agricoles. Mais la rencontre avec le médiateur nommé par le gouvernement ne laisse pas entrevoir cette possibilité.

Contrairement à ce que laisse entendre son intitulé, le «péage de transit poids lourd» va surtout impacter le transport des produits régionaux et non pas seulement le transit. Dans sa mouture actuelle, le dispositif qui remplace l’écotaxe va renchérir de 5,5 % le coût du transport à l’intérieur de la région Alsace, alors que cette taxe ne sera que de 2,2 % pour les transports inter-régionaux. Dans d’autres régions, où le trafic routier est plus faible, cette taxe sera bien moindre, comme en Franche-Comté par exemple avec 0,4 %. Au-delà des distorsions que cela amène entre régions et avec nos voisins étrangers, la délégation des représentants de la profession agricole et agroalimentaire a martelé qu’il n’était pas possible, dans le contexte économique actuel, de rajouter une quelconque nouvelle charge.

Jean-Paul Bastian, président de la Cara, Denis Nass, président de la FRSEA d'Alsace, Patrick Bastian, représentant la filière volaille et Denis Digel, responsable de la section fruits et légumes alsacienne, ont tour à tour dénoncé le projet de péage de transit poids lourd. «Nous attendons que des signes soient donnés à notre région et à l’agriculture en particulier», a insisté Jean-Paul Bastian, rappelant que la position des collectivités territoriales alsaciennes avait aussi évolué, celle-ci étant désormais très réservée. En Alsace, rien que pour les filières agricoles, le coût serait de l’ordre de 3 à 4 M€, a estimé le président de la Chambre d’agriculture. Pour la seule filière céréales, l’addition s’élèverait à plus de 1 M€, estime le directeur de la CAC, Nicolas Koenig.

Arrêter de charger la barque

Denis Nass a indiqué que l’Alsace, de par sa situation géographique entre Vosges et Rhin et la forte densité du trafic routier, sera particulièrement impactée.  L’autoroute A35 et la route départementale D83 sont intégralement taxées et il n’y a pas ou très peu d’alternative pour circuler du Nord vers le Sud. De plus, l’essentiel de la production et des entreprises agricoles et agroalimentaires se situent le long de ces voies. «Nos entreprises ne pourront pas supporter une nouvelle hausse des charges, c’est pourquoi l’agriculture doit être exemptée».

Denis Digel a demandé au médiateur qu’une mesure de l’impact sur l’économie nationale de cette nouvelle taxe soit faite. Le secrétaire général de Légumes de France a aussi indiqué qu’il sera impossible aux agriculteurs et aux industriels agroalimentaires de répercuter cette nouvelle taxe en aval, les négociations étant déjà suffisamment compliquées comme ça avec les acheteurs. Au final, ce seront donc les producteurs qui devront la supporter.

Patrick Bastian a de son côté montré que cette taxe allait à l’encontre de la production et des filières locales. Un poulet élevé et abattu en Alsace subira cinq à six fois cette taxe (livraison des céréales à la fabrique d’aliment, livraison des aliments à la ferme, livraison du poussin à la ferme, livraison du poulet à l’abattoir, livraison de l’abattoir au magasin…) tandis qu’un poulet importé ne la subira qu’une seule fois à l’occasion de sa livraison en magasin. Cherchez l’erreur !

Un rendez-vous pour rien

Au-delà de l’écotaxe, c’est l’empilement de toutes les contraintes et charges nouvelles qui exaspèrent les professionnels. «Au lieu de les alléger, on nous en rajoute de nouvelles tous les jours !» Même son de cloche du côté des représentants des entreprises agroalimentaires. La présidente de l’Aria, Manou Massenez, entourée de plusieurs dirigeants d’entreprises agroalimentaires alsaciennes, enfonce le clou. Les industriels alsaciens s’opposent à ce qui sera une nouvelle distorsion avec les concurrents des autres régions et de l’étranger. Le taux de taxe qui sera appliquée en Alsace sera le plus élevé de toutes les régions françaises, aussi une question taraude les représentants professionnels : l’Alsace ne paie-t-elle pas son positionnement passé à vouloir expérimenter un tel système ?

Le moins que l’on puisse dire, c'est que cette nouvelle opération déminage sur le front de l’écotaxe n’a pas convaincu les professionnels agricoles et agroalimentaires. Le médiateur a certes entendu les arguments présentés, mais il a laissé comprendre que le gouvernement était décidé à trouver de nouveaux financements nécessaires à l’entretien et à la construction de routes. Les professionnels agricoles ont prévenu qu’il était hors de question que cela se fasse sur le dos des filières agricoles et agroalimentaires. «Si le gouvernement n’entend pas raison, nous repasserons à l’action», a conclu le président de la FRSEA. L’ombre des bonnets rouges plane à nouveau sur ce dossier.

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